Un agrégé qui part à taux plein perçoit entre 3 083 € et 3 958 € brut par mois selon le grade atteint en fin de carrière. En net, cela représente environ 2 800 à 3 200 €, auxquels s’ajoutent entre 80 et 180 € nets de retraite complémentaire (RAFP). Ces montants supposent une carrière complète sans décote — deux conditions détaillées plus bas.
Les montants par grade en un coup d’œil
Les trois grades du corps des agrégés correspondent à des indices et des traitements différents, et donc à des pensions différentes. Voici les estimations pour 2026, calculées à taux plein (75 %) à partir des indices en vigueur (source : carriva.fr) :
| Grade | Indice majoré (IM) | Traitement brut mensuel | Pension brute estimée (taux plein) |
|---|---|---|---|
| Classe normale (11e échelon) | IM 835 | 4 111 € | 3 083 € |
| Hors-classe (chevron terminal) | IM 977 | 4 810 € | 3 607 € |
| Classe exceptionnelle (chevron terminal) | IM 1 072 | 5 277 € | 3 958 € |
La pension nette se situe entre 2 800 et 3 200 € selon le grade terminal, d’après les estimations disponibles. Ces chiffres peuvent évoluer si le point d’indice est revalorisé.
Comment ce montant est calculé
Le régime des fonctionnaires (SRE) fonctionne différemment du régime général : la pension ne repose pas sur les 25 meilleures années de salaire, mais sur le traitement indiciaire brut perçu pendant les six derniers mois d’activité. Finir à un grade élevé compte donc plus que la trajectoire salariale sur l’ensemble de la carrière.
La formule officielle est la suivante :
Pension brute = Traitement indiciaire × (Trimestres liquidables ÷ Trimestres requis) × 75 %
Pour vérifier le calcul de la classe normale : 4 111 € × (172 ÷ 172) × 75 % = 4 111 € × 1 × 0,75 = 3 083 €. Le résultat correspond exactement à la pension indiquée dans le tableau, ce qui confirme que les montants sont calculés à taux plein, avec un coefficient de 1 (carrière complète).
À cette pension s’ajoute le RAFP, la retraite complémentaire obligatoire des fonctionnaires, qui représente entre 80 et 180 € nets par mois pour une carrière complète, selon les montants cotisés.
Ce qu’il faut réunir pour partir à taux plein
Le taux plein de 75 % n’est atteint que si deux conditions sont réunies : avoir l’âge légal de départ et avoir validé le nombre de trimestres requis.
Pour les générations nées après 1965, il faut 172 trimestres (43 annuités). L’âge légal de départ se situe entre 62 et 64 ans selon l’année de naissance, conformément à la réforme de 2023.
Si ces 172 trimestres ne sont pas atteints au moment du départ, une décote de 1,25 % s’applique par trimestre manquant. Dix trimestres manquants représentent par exemple une réduction de 12,5 % sur la pension brute. Sur une base de 3 607 € (hors-classe), cela donnerait : 3 607 € × (1 – 0,125) = 3 156 €. Les interruptions de carrière prolongées ou les débuts tardifs dans l’enseignement sont les situations les plus exposées à cette réduction.
Les enseignants qui ont connu des périodes de arrêt ou de reconversion en cours de carrière doivent vérifier avec attention leur relevé de trimestres, car ces périodes ne sont pas toujours intégralement comptabilisées.
Ce que change l’accès à la hors-classe ou à la classe exceptionnelle
L’écart entre la classe normale et la classe exceptionnelle atteint 875 € brut par mois (3 958 € – 3 083 €). Sur une retraite de vingt ans, cela représente une différence substantielle. Atteindre la hors-classe, accessible à une majorité d’agrégés en fin de carrière, apporte déjà 524 € brut supplémentaires par rapport à la classe normale.
La classe exceptionnelle, en revanche, ne concerne qu’environ 20 % des agrégés avant leur départ. Pour les autres, la pension de référence reste celle de la hors-classe ou, si la promotion n’a pas eu lieu, de la classe normale. Puisque seul le traitement des six derniers mois compte, une promotion obtenue même tardivement — quelques mois avant la retraite — modifie le calcul de la pension.
Pour les enseignants qui envisagent des évolutions de statut en parallèle, il peut être utile de comparer avec d’autres formes d’exercice : le statut de vacataire à l’université, par exemple, suit une logique de rémunération et de cotisation entièrement différente, sans constitution de pension dans le SRE.
Pour obtenir une estimation personnalisée, le simulateur officiel disponible sur le portail info-retraite.fr (service Mon Compte Retraite) permet de consulter son relevé de carrière et de projeter sa pension à partir de sa situation réelle. C’est le point de départ le plus fiable avant toute décision.